RÉFLECHIR 

NOTRE ÉTINCELLE POUR REBONDIR DANS L’ADVERSITÉ

Dieu sait !

Une vidéo circulait ces jours-ci : deux mains fébriles puisaient dans un stock de lettres de l’alphabet de quoi écrire à Dieu, effaçant aussitôt l’ébauche : « Cher Dieu… », « Je voudrais… », « Je Te prie… ». Et la réponse tombait du ciel en deux mots écrits : « Je sais ».

« Il mérite que tu lui accordes cela ». Ils n’ont pas l’air de douter que Jésus « accorde » Lc (7, 1-10).

« Je vous le déclare, dit Jésus, même en Israël je n’ai trouvé une telle foi ».

Tout ce que leur esprit souffrait, ils l'exprimaient, dans la prière

CCe centurion, qui « avait un serviteur auquel il était très attaché et qui se trouvait malade, sur le point de mourir », envoya vers Jésus « quelques anciens des Juifs ». Il avait su se faire des amis parmi les juifs, a exprimé sa demande par des messagers, qui eux-mêmes l’ont favorisée : « Il mérite que tu lui accordes cela ». Ils n’ont pas l’air de douter que Jésus « accorde » Lc (7, 1-10).

Il n’est pas certain que nous soyons aussi convaincus de l’effet de nos prières…
de cœur

La confiance est grande chez cet officier romain qui dit à Jésus ce que nous rappelons avant de communier : « Je ne suis pas digne […]. Mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri ». Entre vœu et certitude, il n’y a peut-être pas grande différence pour ce soldat, habitué à obéir et à commander en sorte que les décisions s’exécutent : « Je dis à l’un Va et il va, à l’autre Viens et il vient ». Cet homme de parole n’est pas éloigné de comprendre la Parole créatrice et efficace de Dieu et espère sa réalisation. « Je vous le déclare, dit Jésus, même en Israël je n’ai trouvé une telle foi ».

Demander avec Foi et Espérance

En va-t-il de notre prière comme de notre vie, où telle intention est souvent masquée par une autre ; tel désir contrarié par un autre ? 

Au sein de la prière, ce conflit prend une forme bien spéciale car il arrive souvent que notre demande porte avec elle son propre doute : nous demandons comme si, à notre prière, nous réservions une marge d’échec – je demande mais serai-je entendu ? C’est douter de Dieu. Et d’ailleurs, que vaut ma prière ? C’est douter de soi. Peut-être ne sommes-nous sûrs ni de nos intentions ni de la bienveillance divine.

L’autre manière de demander est d’attendre… si possible exactement ce que nous aimerions obtenir. Nous disons alors que « nous espérons ». Or, en considérant l’espérance comme une attente, il n’est pas certain que nous en éprouvions les bienfaits, mais plutôt la tension, l’insatisfaction même. Une intention, la nôtre, intensément attachée à elle-même : est-ce cela, l’Espérance avec une majuscule ? Nous pouvons en douter.

Dieu « sait », et si nous savons qu’Il sait, la prière se fondera en confiance et l’espérance sera là, quand nous serons libérés des exigences qui la brident, la porte du cœur ouverte à Celui qui « ne saurait donner une pierre à (celui) qui lui demande du pain » (Mt 7, 10). Car « Un pauvre crie et le Seigneur l’entend » (Ps 33).

Se guérir
L’Espérance
des grands-parents

Louis n’est pas jeune, loin de là. Avec sa femme Françoise, ils ont longtemps marché unis. Ils ont travaillé, leurs enfants leur ont donné de la joie. De tout cela ils ont remercié Dieu, étant des croyants sincères qui remettaient beaucoup de choses en Ses mains.

Ils Lui ont aussi remis le chagrin que leurs enfants se soient détournés de la foi et que leurs petits-enfants n’aient reçu ni baptême, ni instruction religieuse. Bien des grands-parents s’y reconnaîtront, dans la tristesse de voir s’éteindre la flamme, le regret de ne plus sentir dans la famille l’unité des cœurs qui prient, en vivant un sentiment d’abandon et comme d’oubli des choses les plus vraies au monde, et une impression d’échec personnel. Avec une grande simplicité, ils ont un jour parlé de cette peine. Tout ce que leur esprit souffrait, ils l’exprimaient, dans la prière. Même cet obscur sentiment d’injustice, « nous n’avons rien fait, à notre connaissance, qui mérite ce désamour ! »… Ou au contraire cette ombre de culpabilité, « aurions-nous manqué à nos devoirs d’éducateurs ? »… Et puis ce doute, « comment regardes-tu, Seigneur, ceux qui s’éloignent de Toi ? »…

Mais ils confiaient à Dieu Nathan, Émilie, Apolline et Lui tenaient ce discours peut-être étonnant : « Mon Dieu, regarde-les : ils ne te connaissent pas, ou si peu. Montre-toi à eux, appelle-les à Te voir et touche leur cœur. Si pourtant cela ne doit pas être, si cette grâce n’est pas pour eux, alors qu’elle retombe ailleurs, nous T’en prions, sur quelqu’un d’autre, quelque part. Et pourquoi pas… en Chine ? ». Ils avaient de l’espérance et de l’humour. De l’espérance surtout, qui les assurait que ce qu’ils demandaient pouvait s’accomplir d’une façon ou d’une autre.
L’Espérance : une confiance pure. Douce parce qu’elle se décharge de toute exigence et de toute crispation. De tout égoïsme. À la fois requête et lâcher-prise : n’est-ce pas un repos, d’espérer tout ce qui peut advenir de bon ? 

 

Geneviève Bussac et Philippe Wasser

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